La copie pour usage privé constitue la matière de la partie VIII de la Loi sur le droit d'auteur du Canada. Il s'agit d'une activité très particulière et précisément définie. On entend par «copie privée» la copie de l'intégralité ou toute partie importante d'un enregistrement sonore fait pour un individu pour son propre usage. L'exemple typique de la copie pour usage privé est la compilation de chansons préférées. Par contre, la réalisation d'une copie pour quelqu'un d'autre ou à toute fin autre que l'usage privé de la personne qui fait la copie ne constitue pas une activité de copie privée, pas plus que ne le fait la copie de toute matière autre qu'un enregistrement sonore. Il faut également souligner que la copie privée ne constitue pas un exemple d'«utilisation équitable», cette dernière constituant un concept juridique d'une nature très différente. Au Canada, la copie privée est légale et ne constitue pas une violation du droit d'auteur. La raison en est que, en contrepartie du droit d'effectuer des copies pour usage privé qui est accordé aux consommateurs, les titulaires des droits d'auteur inhérents aux enregistrements musicaux se voient reconnaître un droit à rémunération sous la forme de redevances pour copie privée.
 
 
La copie pour usage privé constitue la matière de la partie VIII de la Loi sur le droit d'auteur du Canada, c'est-à-dire de la loi fédérale énonçant le cadre juridique général du droit d'auteur au Canada. Le droit d'auteur est le mécanisme juridique qui permet aux créateurs d'œuvres originales, y compris les œuvres musicales, de toucher une rémunération pour ce travail. En tant que titulaires de droits d'auteur, les créateurs ont le droit de maîtriser certaines utilisations de leurs œuvres et d'imposer des conditions - notamment un paiement - concernant leur utilisation par des tiers. Ce paiement prend la forme d'une redevance. L'exécution d'une chanson, la vente d'un disque ou l'impression d'une partition musicale constituent des activités qui entraînent l'imposition d'une redevance de droit d'auteur. Or, contrairement à l'édition musicale ou à l'enregistrement sonore, la nature de la copie privée est telle qu'on ne peut recourir à la signature d'un contrat pour la gérer et la comptabiliser : il s'agit d'une activité à laquelle on s'adonne chez soi, et c'est la raison pour laquelle elle fait l'objet d'un traitement spécial dans la législation. Aucune permission n'est requise pour s'adonner à la copie pour usage privée : c'est une activité tout à fait légitime. En contrepartie de cette permission, cependant, la Loi institue un système de perception et de répartition de redevances à l'intention des titulaires des droits d'auteur inhérents aux œuvres qui sont copiées. Fidèle aux principes généraux de la protection du droit d'auteur, le Législateur a vu à ce que les créateurs et les autres ayants droit des enregistrements sonores reproduits soient rémunérés en contrepartie de l'utilisation de leurs œuvres.